Ce soir la commission de discipline de la LFP devrait annoncer
les sanctions contre le PSG dans « l’affaire de la
banderole anti-Ch’tis ». L’éventail est
large, et les recours sont nombreux.
ARNAUD PAPIN > n mois après la finale de la
coupe de la Ligue Lens-PSG (1-2), la commission de discipline de
LFP se prononcera sur les responsabilités éventuelles
du club parisien, dans « l’affaire de la banderole
anti-Ch’tis » déployée le 29 mars au
Stade de France.
LE VOLET JUDICIAIRE : la justice a été plus prompte
à prendre des mesures. Il est vrai que le président
de la République, qui assistait à la rencontre, avait
reçu dans les jours suivants une délégation du
RCL à l’Élysée, ainsi que Guy Delcourt,
le maire de Lens. Nicolas Sarkozy avait exigé des actes. Six
personnes ont donc déjà été mises en
examen dans le cadre de cette affaire pour « provocation
à la haine ou à la violence lors d’une
manifestation sportive », des faits passibles d’un an
d’emprisonnement, de 15.000 E d’amende et trois ans
d’interdiction de stade.
DISSOLUTION DES BOULOGNE BOYS : de surcroît, grande
première en France, la ministre de l’Intérieur,
Michel Alliot-Marie a annoncé, le 17 avril, la dissolution
de l’association des supporters des Boulogne Boys pour leur
implication à divers degrés dans cette affaire (la
section messine, « la Faction », subissait le
même sort dans l’affaire Ouaddou).
LE MOUVEMENT DES ULTRAS : l’annonce de cette dissolution a
provoqué une réaction unitaire chez les autres
mouvements de supporters Ultras dans l’Hexagone. Certains
fans marseillais ont ainsi déployé une banderole
pro-parisienne au stade Vélodrome ! Des initiatives
similaires de soutien ont été constatées
à Lens ou Valenciennes par exemple. La LFP
s’inquiète de voir, à terme, ces groupes de
supporters se fédérer autour d’une cause.
Celle-ci dépasse les Boulogne Boys. Pour eux, c’est
une question de survie face à ce qu’ils estiment
être une répression des pouvoirs publics.
DÉCISIONS POUR CE SOIR : dans ce contexte tendu avec les
Ultras, la commission de discipline réunie ce soir ne
devrait pas différer plus longtemps sa décision
concernant les sanctions sportives. Il n’est pas question
pour elle de laisser la situation en suspens de peur que le
contexte ne s’envenime davantage alors que la saison approche
de son dénouement.
PAS DE NOUVELLE FINALE : le panel des sanctions est très
large. La seule certitude est que la finale de coupe de la Ligue ne
sera pas rejouée. Dans les règlements de la Ligue,
cette disposition n’est pas prévue pour une rencontre
qui est allée à son terme.
RÈGLEMENTS : la commission de discipline s’appuiera
sur les règlements nationaux et non sur l’article 58
du code disciplinaire de la FIFA. Celui-ci est davantage un code de
bonne conduite que les fédérations doivent
intégrer dans leurs propres textes de fonctionnement.
C’est le cas de la FFF qui a donc prévu un très
large éventail de sanctions. La commission d’appel de
la LFP a toute latitude pour se prononcer dans une affaire
où se mêlent influences politiques, tourmente
médiatique, et lobbying en faveur du PSG. C’est un
cocktail détonnant !
SANCTIONS ? : « Tout est possible »,
affirme-t-on en choeur dans le microscosme du football
français. Le PSG peut perdre son titre, être
privé de participation à la prochaine coupe de la
Ligue ou en coupe UEFA. Les sanctions peuvent
s’étendre au championnat, avec le retrait de point(s),
un match avec sursis (ou ferme) à huis clos, sans oublier
diverses amendes.
PAS DE SANCTION ? : le PSG affirme être la «
principale victime des agissements » de certains
hooligans. La LFP pourrait même ne pas sanctionner le club.
Rappelons que Metz, dans l’affaire Ouaddou, a
récupéré le point qui lui avait
été retiré en championnat, et n’a pas
disputé, comme prévu, un match à huis clos
contre Saint-Etienne.
LES RECOURS : Metz avait fait appel des décisions
annoncées en première instance, et a
été entendu. Si le PSG était condamné
ce soir, il pourrait lui aussi utiliser divers recours, surtout en
cas de retrait de point(s) vu sa position actuelle de
reléguable en L1. Dans l’ordre, ses requêtes
seront examinées par la commission d’appel de la FFF,
par une médiation du CNOSF (Comité national olympique
du sport français), puis par un tribunal administratif. La
décision de celui-ci peut faire l’objet d’une
révision devant la cour administrative d’appel. La
procédure peut durer bien au-delà du 17 mai, date de
fin du championnat. Par contre, le tribunal arbitral du sport
n’est pas compétent en la
matière. •
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Date de création : 28/12/07 Dernière mise à jour : 31/10/08 18:50 / 733 articles publiés