-Ici c'est Lens et c'est comme nulle part ailleurs. Il y a la
foi qui permettrait, s'il en était besoin, de renverser les
terrils. Le courage qui pendant de longues années a
poussé les hommes à descendre sous terre pour
extraire le charbon qui les faisait survivre. La solidarité
qui les unissait et les amenait à se serrer les coudes
d'autant plus fort que l'existence devenait rude.
-L'esprit de la mine demeure, assure Maurice Denis. L'homme par
coquetterie, cache son âge mais il a tout vécu du
Racing club de Lens, depuis le début des années 40.
Tout vécu de la ville et de son histoire. Il était
à Auxerre le jour où les sang et or ont atteint
l'Everest et son devenus champions de France.
Il était dans la rue quand ; en 1970, il fallait frapper aux
portes pour quêter les subsides indispensables à la
survie du club, dix francs plus dix francs qui permettaient de
poursuivre un chemin devenu sans gloire, au fin fond du championnat
de France amateur où le RC Lens avait chuté. Du
président au plus obscur, tout le monde, au sein du Racing,
œuvre pour son bien, assure-t'il. On sait que chacun a besoin
de l'autre. Lorsqu'on se rencontre, on s'adresse un regard et on se
comprend, c'est suffisant pour deviner si tout va bien ou s'il y a
des problèmes. Et s'il y en a, on est tout de suite
prêt à aider celui qui est en difficulté,
à lui tendre la main et à se battre avec lui. Cet
esprit de camaraderie, d'entraide, on le retrouve parmi les joueurs
sur le terrain.
-L'esprit de la mine ! Après si longtemps ? Alors que les
puits sont fermés depuis plus de trente ans ? A l'heure du
football-business où les joueurs-stars, devenus des
mercenaires dont la seule loi est celle de l'argent, changent de
maillot comme les ouvriers autrefois de chemise, quasiment une fois
par semaine ?
-Oui, malgré tout cela, le Racing n'est pas comme les
autres. Il s'adapte, c'est aussi une force, mais il continue
à vivre dans une ambiance, un climat qu'on ne retrouve pas
ailleurs. Quand on passe ici, on est marqué pour
toujours.
-Maurice Denis, historien têtu, fidèle,
passionné, n'en démord pas : Lens et son racing sont
uniques. Et c'est vrai que Félix-Bollaërt est magique,
qu'il s'y instaure une vraie communion entre un public enthousiaste
et des joueurs qui savent qu'on leur pardonnera tout, pourvu qu'ils
mouillent le maillot. Et c'est vrai que le cœur de toute la
ville bat intensément pour son club et qu'on compte certains
soirs de grands matches plus de spectateurs au stade que
d'habitants dans la cité.
-Ici, la passion suinte à tous les étages des
tribunes de Bollaërt puis, la rencontre achevée, se
répand à travers les rues et les bars où l'on
refait indéfiniment la partie, parfois en sollicitant l'avis
d'experts puisque certains de ces cafés ont pour patrons des
anciens joueurs. Ces soirs-là, les discussions ne
s'arrêtent jamais, elles partent du jour et rebondissent
jusqu'à un passé plus ou moins lointain. Car à
Lens plus qu'ailleurs on sait ce que le mot fidélité
veut dire et on ne méconnaît surtout pas l'importance
des anciens, ceux qui ont contribué à bâtir le
racing, ceux qui en ont porté fièrement le maillot.
La route a été longue qui a mené au titre de
champion de France, à la victoire en coupe de la ligue et
aux exploits européens.
-Elle a été pavée de sueur et d'exploits, de
pleurs et de rires. De sang et d'or en somme. C'est ce long chemin
que je vous invite à parcourir au cours des pages qui
suivent
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Date de création : 28/12/07 / Dernière mise à jour : 12/05/08 21:33 / 405 articles publiés
De Sang et Or posté le jeudi 27 mars 2008 12:46
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tof a posté :jeudi 27 mars 2008 17:11
faute de place, je n'étais pas à auxerre. nous avons passé la soirée chez des copains avec un exellent match sur canal+. le hic c'est que nous avons bien vécu, et il était dangereux de ce déplacer sur lens dans la nuit. on aime lens, mais on est pas des dingues. voilà la nuit ou les joueurs sont revenus sur lens, nous nous sommes contentés de faire la féte à "la fétes des quartiers de notre ville". un trés bon souvenir.
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