Dans une enceinte artésienne à moitié remplie et rendue bien creuse par une grève des chants de supporters largement suivie, les joueurs ne manquèrent pas le rendez-vous. Tout y était : le rythme, la technique, l’efficacité et surtout l’envie, une terrible et réconfortante envie de ne rien lâcher. De ne plus rien lâcher.

Présentation des équipes aux dix-huit mille spectateurs de Bollaert
Dès le coup d’envoi, l’agressivité retrouvée dans les duels laissait augurer un changement de scénario, côté lensois. Au quart d’heure de jeu, les Sang et Or trouvaient en effet l’ouverture. A la réception d’un corner, Vitorino Hilton remisait de la tête pour Yohan Demont, au centre de la surface de réparation. D’un ciseau retourné, celui-ci débloquait le tableau de marque (1-0, 16e). A la suite de ce but, les offensives artésiennes se succédaient devant la cage de Damien Gregorini, entrecoupées de quelques contre-attaques lorraines. Mais ni les reprises de la tête de Toifilou Maoulida (8e, 20e), ni les frappes au but de Seïd Khiter (20e, 34e, 43e), ni les reprises de volée d’Olivier Monterrubio (20e, 32e), ni même un raté de Puygrenier trouvant le poteau de son propre but (36e), ne parvenaient à rendre compte de la domination lensoise sur la partie. A quelques secondes du retour aux vestiaires, Toifilou Maoulida allait s’en charger de la plus belle des manières. Récupérant en milieu de terrain un ballon dégagé au pied par le portier lorrain, la nouvelle recrue artésienne profitait de la sortie de Gregorini pour tenter et réussir un lob des quarante mètres (2-0, 45e) sous les yeux émerveillés des supporters, grévistes ou non.

Un beau cadeau pour les supporters de la part de Toifilou Maoulida et ses équipiers !
Il n’était pas question pour les Sang et Or de lâcher prise en seconde période ainsi qu’en témoignaient Maoulida manquant de peu de reprendre un caviar de Belhadj devant le but vide (48e), ou Monterrubio obligeant Gregorini à nettoyer sa lucarne sur coup franc (51e). C’est finalement sur penalty – Maoulida fauché en pleine course sur un service de Khiter – que le Racing trouvait, à l’heure de jeu, l’occasion de se mettre définitivement à l’abri, la transformation, en force, étant l’œuvre d’Olivier Monterrubio (3-0, 59e). Par la suite, le Racing relâchait quelque peu la pression. Les deux équipes se procuraient encore quelques occasions dont la plus notable était une frappe lointaine de Brison sur la transversale de Le Crom (77e). Les Sang et Or maîtrisaient parfaitement la fin du match. La messe était dite depuis longtemps.